École maternelle pour élèves à besoins éducatifs particuliers à Graz en Autriche

     Voici une école maternelle pour élèves à besoins éducatifs particuliers « Kindergarten Hort Rosenhain » située à Graz en Autriche sur 6000m2 de terrain boisé où les enfants peuvent apprendre de leur environnement. Ils y sont accueillis à partir de 3 ans mais seule la dernière année avant l’école élémentaire est obligatoire et donc gratuite le matin. Voici quelques photographies de cette grande cour de récréation et ensuite, leur pédagogie d’après la traduction du livret pédagogique (coopération avec les parents, inclusion, participation, l’exercice et la santé, langue et communication…). Des enseignants de maternelle, des enseignants de maternelle spécialisés et des spécialistes (psychologues, ergothérapeutes…) y travaillent.

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La coopération avec les parents :

– s’approcher ouvertement et curieusement les uns des autres ;

– prendre du temps l’un pour l’autre, pour que la confiance puisse se développer ;

– créer l’espace et le temps nécessaires à l’échange d’informations et d’expériences afin de permettre une réflexion commune

– dans les moments de joie, célébrer ensemble ; dans les moments de défis, se renforcer mutuellement ;

– découvrir ensemble les forces de l’enfant et parler de l’histoire de l’enfant ;

– les découvertes et les réalisations des enfants se complètent et ils apprennent les uns des autres ;

– des réunions régulières entre parents et enseignants sur demande et selon les besoins ;

– un entretien de développement à l’aide de la fiche d’observation pour les enfants âgés de 3 à 6 ans ;

– contact téléphonique ;

– contact écrit sous forme de lettres aux parents, de fiches d’information, d’invitations, carnets de contact avec les parents ;

– célébrer des fêtes ensemble ;

– soirées parents

– « Pourparlers de porte ».

secteurs éducatifs

Inclusion :

« On est ensemble ! » Dans notre maternelle curative, l’inclusion fait partie de la vie quotidienne. Nous prenons soin de percevoir chaque enfant dans son individualité par rapport à son développement et sa personnalité. Nous transmettons nos valeurs et notre image de l’homme dans le sens d’un travail inclusif. Pour nous, il est important d’approfondir les expériences communes, par exemple lors d’excursions, de festivals et de projets, et de promouvoir ainsi le bien commun.

Il est important pour nous de tenir compte des besoins de chaque enfant ainsi que des besoins du groupe dans son ensemble.

C’est pourquoi nous créons des possibilités d’apprentissage différenciées afin que chaque enfant puisse vivre son propre potentiel de développement au sein du groupe. Nous vivons l’expérience d’apprendre ensemble dans le sens où « j’apprends de vous et vous apprenez de moi » est particulièrement précieux. À la maternelle curative, nous apprenons les uns des autres grâce à une interaction respectueuse, attentive et appréciative.

Participation : « J’en suis ! » Chaque enfant fait partie du groupe et contribue à sa façon au processus de développement du groupe. Grâce à la variété des possibilités d’apprentissage et de jeu, les enfants disposent d’un cadre approprié pour prendre leurs propres décisions et, par conséquent, assumer progressivement la responsabilité de leurs propres actions.

L’expression de la participation est, entre autres, que les enfants trouvent un espace où communiquer et partager leurs souhaits, leurs idées et leurs opinions.

Nous attachons une importance particulière au fait que les enfants soient capables de prise de décision de manière à façonner activement les événements de groupe.

L’exercice et la santé : « Je bouge et je vis le monde comme ça ! » L’envie naturelle des enfants de bouger est satisfaite par notre environnement, qui offre les expériences de mouvement les plus variées (intérieur et extérieur). Grâce à la joie du mouvement et à la mise à l’épreuve joyeuse de leurs propres possibilités physiques, les enfants développent leur force et leur endurance, leur coordination et leur dextérité en fonction de leur développement. Une attitude de base positive à l’égard de leur propre corps et la connaissance des mesures préventives de maintien de la santé, telles qu’une alimentation saine, l’exercice physique et l’hygiène dentaire, aident les enfants à prendre en charge leur propre corps de manière autodéterminée.

Langue et communication : « J’écoute et on m’entend ! » Outre l’expression physique, qui comprend les expressions faciales et les gestes, le langage est notre moyen de communication le plus important. Pour nous, la promotion de la langue et de la compréhension du langage est une partie essentielle du travail éducatif à la maternelle. Les enfants font l’expérience du langage dans la vie quotidienne de la maternelle en accompagnant leurs actions par des activités ciblées – écouter des histoires, regarder des livres d’images, des jeux de doigts, des chansons, des comptines, des musiques rythmées, etc.

La capacité de s’exprimer, d’exprimer ses sentiments et ses besoins, de communiquer, d’entrer en conversation les uns avec les autres, transmet un sentiment d’unité et d’appartenance.

Un aspect important de la maternelle curative pour les enfants dont les possibilités d’expression linguistique ne sont pas encore aussi développées est la communication soutenue et la communication soutenue par la langue des signes. Le mouvement et le langage sont liés l’un à l’autre et les concepts sont ainsi transmis de manière holistique.

Mon assise de la maternelle

     Bien-sûr, l’école maternelle joue un rôle important dans la scolarisation et la réussite future de l’élève. Cependant, l’école maternelle telle que nous la connaissons aujourd’hui ressemble encore beaucoup à la maternelle d’hier. L’École, c’est dans ses missions, doit suivre l’évolution de la société.

J’ai toujours lu dans les écrits de chercheurs, dans les programmes et depuis très longtemps… que le langage oral est au cœur des enseignements en maternelle, sa maîtrise prépare l’apprentissage de la lecture, l’école maternelle peut compenser les inégalités entre enfants, en vocabulaire… Qui en douterait aujourd’hui ? Mais la question n’est plus là. Tout le monde est d’accord. Maintenant, ce ne sont pas les textes scientifiques, ministériels… qui sont à modifier mais il s’agit plutôt de vérifier l’adéquation entre ce que dit la recherche, les textes officiels et la réalité dans une classe :

  • Un enfant parle et apprend à parler parce qu’il est entouré d’adultes qui lui parlent. La réalité est que c’est l’enseignant qui est entouré de beaucoup d’enfants. Dans la structure d’une classe, le professeur des écoles s’adresse à 25/30 élèves pour donner beaucoup de consignes dans une journée, comme un universitaire s’adresserait à un amphithéâtre et non à des étudiants individuellement. Cette façon de faire ne correspond pas à ce qui est requis et ne peut pas permettre d’augmenter la maîtrise du langage oral chez tous les élèves de maternelle. Ce n’est pas une question de pédagogie ou de didactique, ce n’est pas une question de « à qui est la faute » ou de « référentiel de compétences de l’enseignant ». L’enseignant est compétent pour le faire mais les conditions d’enseignement proposées ne permettent pas d’atteindre ce grand objectif aujourd’hui. C’est comme si l’on demandait à un maçon de construire un mur en 5 heures alors qu’en tant que professionnel, avant même de commencer et au regard de son expérience et de ses compétences, il sait fort bien qu’il n’y arrivera pas qu’il ne peut pas y parvenir. Il commence tout de même, et au bout de cinq heures, il a construit 1/3 du mur. Posons-nous les questions suivantes : était-il motivé pour le faire sachant qu’avant de commencer, il échouerait ? S’est-il impliqué et appliqué pour construire ce morceau de mur ? Était-il heureux de travailler ? Envisageait-il des compliments, une reconnaissance de ses supérieurs ? Était-il concentré dans la réalisation d’un travail bien fait au point d’avoir veillé à des fondations solides ? Le mur, lui, va-t-il tenir longtemps, affronter les coups de vents de l’existence ?

Le mur

Quelles solutions proposer :

  • Augmenter le nombre d’adultes. Compter l’ATSEM comme adulte référent et former les ATSEMS comme l’on forme les enseignants mais les enseignants sont trop peu formés à enseigner en maternelle aujourd’hui.
  • Il est nécessaire qu’il y ait plus d’adultes de manière à ce que l’enseignant s’adresse réellement à un ou plusieurs enfants comme cela se passe dans une famille, chez une nourrice agréée voire en crèche… mais pas à l’école maternelle ou pas souvent.
  • Il faudrait surtout diminuer le nombre d’élèves par classe si l’on veut en même temps, travailler l’efficacité (savoir que l’on va réussir avant de commencer), le bien-être (l’enseignant s’est préoccupé de moi), lutter contre la violence (un petit qui a pour expérience un bain de foule à 3 ans dans son école se développe-t-il harmonieusement ?), encourager, être en capacité de voir les progrès, répondre très vite à un besoin et enseigner vraiment, ce qui aurait pour effet également, le bien-être des enseignants, des ATSEMS… Avec moins d’élèves, il y aura plus d’affectif à retrouver, à donner.
  • Faire sauter les cloisons : beaucoup de professionnels œuvrent auprès des jeunes enfants, très peu se connaissent, connaissent ce que font les autres. Tous dépendent de Ministères différents et surtout tous ne reçoivent pas la même formation. Faire sauter les cloisons, ce n’est pas créer un jardin d’enfants à la place de l’école maternelle mais c’est faire que chacun garde ses spécificités professionnelles tout en partageant des savoirs sur ce qu’est un enfant, son développement… Tout le monde parle du développement de l’enfant, personne ne reçoit la même formation (professeur des écoles, éducateur de jeunes enfants, puériculteur…). La formation reçue a-t-elle été mise à jour ? Tous ont-ils reçu une formation sur ce point ?

Le langage oral et le langage écrit c’est l’affaire de tous les professionnels de la petite enfance. Aujourd’hui, c’est l’illettrisme qui est l’affaire de tous (enseignants, Ministères, entreprises, associations…).

Pourquoi ne pas partager « Comment enseigner le langage oral » alors que beaucoup de professionnels parlent aux enfants. Pourquoi ne pas partager « Comment on apprend à lire aujourd’hui à un enfant » alors que c’est la raison pour laquelle nous mettons en œuvre des remédiations ? Si nous partageons tous ces savoirs et que nous les mettons en œuvre dans un cadre adéquat, sans nul doute, nous pourrons obtenir des résultats conformes aux intentions. Il ne s’agit pas que tous enseignent et sachent enseigner bien-sûr mais il s’agit de posséder les savoirs nécessaires pour aider un enfant au moment où il en aura besoin.

Dernière proposition : les ATSEM méritent un salaire qui correspond à leurs compétences, à la formation qu’elles vont recevoir, à toutes les tâches qu’elles remplissent et elles participent à l’apprentissage du langage oral des enfants. Elles ne s’occupent pas des enfants, elles s’en préoccupent  et participent à leur éducation !

Tout en bas du mur, on devine une fleur… prête à grandir.