De la femme de service à l’ATSEM : bref historique

     Depuis 1887, nous sommes passés d’un recrutement par la Directrice d’école maternelle à un recrutement par le Maire ; d’un travail défini par ce que la femme de service  ne devait pas faire, dans les années 1920-1940 à l’arrêté du 22 février 2017 créant le CAP « Accompagnant éducatif petite enfance » prévoyant un référentiel de certification. Voici quelques jalons historiques du métier de femme de service-ATSEM :

Décret officiel du 18 janvier 1887, article 8 : « Une femme de service doit être attachée à toute école maternelle » ; « La femme de service est nommée par la directrice, avec agrément du maire, et révoquée dans la même forme ». « Le traitement de la femme de service est exclusivement à la charge de la commune ».

Loi du 19 juillet 1889, article 4 : « La rémunération des gens de service dans les écoles maternelles publiques est à la charge des communes ».

En 1939, un chapitre est consacré à la « femme de service » dans l’ouvrage « Organisation et fonctionnement des écoles maternelles, classes enfantines et sections préparatoires » chez Bourrelier. Il précise « Les mêmes avantages seront, par la suite, demandés pour les classes enfantines (circulaire ministérielle du 10 septembre 1913) et légalement accordés par le décret du 15 juillet 1921 (art. 8) puisque « désormais les classes enfantines seront des classes maternelles annexées à des écoles élémentaires » » (p. 121).

Arrêté du 22 juillet 1922, art. 15 : « Elles sont placées sous l’autorité immédiate de la directrice » ; « Tant que l’établissement est ouvert, la femme de service ne doit jamais, sous aucun prétexte, s’occuper d’autre chose que du service spécial de l’école maternelle. » Cet arrêté est le Règlement scolaire modèle qui servait à la rédaction des règlements départementaux relatifs à la tenue des écoles maternelles publiques.

Le chapitre de 1939 (écrit par Mme Dufresse, Inspectrice des écoles maternelles) précise que le rôle des femmes de service et leur travail n’est pas défini dans les textes officiels. Ce qui est sûr, c’est que des institutrices maternelles confient encore trop souvent la surveillance des petits aux femmes de service. Le texte rappelle que l’institutrice est la seule responsable des accidents et que son remplacement par la femme de service est illégal. A l’époque, le texte est cependant tranchant car certaines femmes de service imitent les institutrices : « Elles peuvent être tentées de croire qu’avec une armoire suffisamment pourvue de matériel elles sauraient se tirer d’affaire. A nous de garder jalousement nos prérogatives pour éviter tout malentendu. Le rôle des femmes de service est essentiellement celui de ménagères chargées de l’entretien de la maison. Nous leur demandons d’abord, et presque exclusivement, d’assurer aux enfants des locaux d’une propreté impeccable, d’une salubrité parfaite, dans la mesure où l’hygiène des locaux dépend de nos soins. » (1939, p. 122). L’hygiène pour lutter contre les maladies contagieuses est essentielle : propreté, aération, lavabos, mobilier, jouets…

« Je suppose les institutrices maternelles assez raisonnables pour ne pas déranger à tout instant les femmes de service de leur pénible besogne et simplement pour moucher un enfant à portée de main, rétablir l’ordre d’un tablier, d’une culotte, voire d’une chaussure ! Dans ce cas, il restera, ici ou là, un peu de temps à la femme de service pour l’entretien du vestiaire de secours (confection, lavage, repassage, raccommodage), et on pourra lui demander de laver à l’école les serviettes de toilette qu’on obtient si irrégulièrement des familles, les tabliers qui assurent aux petits malheureux une certaine dignité vestimentaire, les mouchoirs de poche qui parent aux oublis multiples, etc. » (1939, p. 123).

C’est donc en 1939 que l’on perçoit le glissement du recrutement de la femme de service jusqu’alors par la directrice, vers la mairie : « Or c’est à la directrice d’école maternelle qu’incombe le soin de former, diriger, contrôler la femme de service, et nous approuvons toutes les initiatives susceptibles de renforcer son autorité : rapport annuel fourni à l’administration municipale, note chiffrée servant à la répartition des promotions, etc. N’oublions pas que légalement, la directrice a même le droit de choisir le personnel de service et de sanctionner incapacité ou fautes graves par la révocation sous réserve de l’agrément du maire, ce qui augmente encore ses responsabilités. Ce droit, il faut bien en convenir, est de moins en moins respecté. Il a été souvent et demeure très contesté par les municipalités, en particulier dans les grandes villes, sous prétexte d’accorder à toutes les femmes de service les mêmes et justes garanties, y compris la stabilité de leur emploi, d’appliquer les lois sociales relatives au recrutement des employés municipaux, etc. » (1939, p. 124).

En 1954, le cahier de pédagogie moderne « Les écoles maternelles, classes enfantines, cours préparatoires » (Bourrelier) consacre un chapitre à la femme de service précisant qu’elle est l’auxiliaire précieuse des institutrices mais que les textes officiels sont peu nombreux (1887 et 1922). Néanmoins, ce cahier écrit à nouveau que la femme de service doit être nommée par la directrice avec l’agrément du Maire (p. 42) car : « Le texte officiel est généralement respecté, mais dans certaines grandes villes, la femme de service est nommée par le maire. Devenue de ce fait employée communale, soumise au statut des employés communaux, elle jouit à ce titre d’avantages certains dont la stabilité de l’emploi et l’avancement régulier ne sont pas des moindres. […]

Le décret du 18 janvier 1887, article 8 et celui du 15 juillet 1921 vont être modifiés par celui du 1er septembre 1971 : « La femme de service est nommée par le maire, sur proposition de la directrice, et révoquée dans la même forme. » C’est également en 1971 que l’expression « Agent Spécialisé des écoles maternelles et des classes enfantines » apparait.

Le décret du 28 août 1992 (en ligne dans la rubrique ATSEM du blog) précise les modalités de recrutement, nomination et titularisation, avancement des ATSEMS. L’article 2 précise : « Les agents spécialisés des écoles maternelles sont chargés de l’assistance au personnel enseignant pour la réception, l’animation et l’hygiène des très jeunes enfants ainsi que de la préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants. Les agents spécialisés des  écoles maternelles participent à la communauté éducative. » Le mot « directeur » est employé une seule fois dans ce texte pour rappeler : « Conformément aux articles R* 412-127 et R* 414-29 du code des communes et sans préjudice des dispositions statutaires, la nomination des agents spécialisés des écoles maternelles et la décision de mettre fin à leurs fonctions sont soumises à l’avis préalable du directeur de l’école ».

Larrêté du 22 février 2017 créant le « CAP Accompagnant éducatif petite enfance » prévoyant le référentiel de certification liste les compétences communes aux différents contextes de travail et des compétences spécifiques notamment à l’école maternelle (voir texte officiel dans la même rubrique du blog).

Vous pouvez consulter la bibliographie ATSEM pour plus de précisions historiques et notamment le Rapport de l’IGEN paru en 2017.

Direction d’un jardin d’enfants et professeur des écoles ?

     Un professeur des écoles peut-il diriger un jardin d’enfants ?

La question m’est souvent posée dans le cadre du master 2 PEPAD (Petite Enfance et partenariat éducatif) inscrit en mention 4 des masters MEEF à l’INSPE de l’Université de Rouen :  Oui et pas depuis le vote de l’École de la confiance (JO du 28 juillet 2019) mais depuis bien plus longtemps.

Pour les conditions d’exercice de directeur de structure d’accueil, se référer aux textes législatifs en vigueur sur http://www.social-sante.gouv.fr et particulièrement le décret 2010-613 du 7 juin 2010 relatif aux établissements et services d’accueil des enfants de moins de 6 ans. Concernant l’Article R2324-46 du Code de la santé publique, il précise :

« V.-En outre, la direction d’un jardin d’enfants peut être confiée à une personne ayant exercé comme instituteur ou professeur des écoles justifiant de trois ans d’expérience professionnelle auprès de jeunes enfants. »

Document officiel que je distribue en cours :

Conditions pour diriger une structure d’accueil

 

 

« Connaissance du système éducatif » : textes parus au BOEN de janvier à juin 2019

Voici  le tableau des textes officiels concernant l’école primaire parus au BOEN de janvier à juin 2019 : je ferai prochainement un focus sur le BO n°22 du 29 mai qui contient un grand nombre de textes.

En reprenant mon premier répertoire, je me suis aperçue que je faisais ce travail de recension depuis 1987 ! Comme le BOEN est sur le site education.gouv depuis 1998, il va falloir que je fasse les tableaux entre 1987 et 1997 ; mais il vous faudra trouver les textes dans les greniers des écoles !

BOEN

TRAVAIL EN AUTONOMIE Textes officiels BOEN 2019

 

Épreuve orale du CRPE « Connaissance du système éducatif » : textes parus au BOEN en 2018

Je vous souhaite une très bonne année 2019 et à cette occasion je vous remercie car vous avez été plus de 18000 à visiter mon blog en 2018 et vous êtes issus de 96 pays et territoires d’outre mer. Vous avez particulièrement consulté les progressions, les exemples de fiches de préparation vierges, les jeux de conscience phonologique, le cahier journal modifiable et l’épreuve orale du CRPE.

Merci encore car cela m’encourage à poursuivre.

Voici donc le tableau des textes officiels concernant l’école primaire parus au BOEN durant toute l’année 2018.

Bonne lecture et bonne reprise !

BOEN

travail en autonomie textes officiels boen 2018

 

 

 

Le(s) socle(s) commun(s)

Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture de 2016 (appliqué depuis la rentrée 2016, texte de 2015) couvre la période du CP à la 3ème, ce qui implique une connaissance de ce texte par les enseignants de maternelle afin qu’ils puissent projeter les apprentissages qu’ils réalisent comme autant d’atouts pour la future scolarité de leurs élèves.

Je vous propose le texte officiel du socle commun de 2016 ainsi qu’une fiche résumé et je joins le précédent socle commun de connaissances et de compétences de 2006.

L’ensemble peut servir aux enseignants, aux directeurs et aux candidats au Concours de Recrutement de Professeurs des Écoles, dans le cadre de l’épreuve orale « Connaissance du Système Éducatif ».

Documents officiels

Socle commun de connaissances de compétences et de culture 2016 BO n°17 du 23 avril 2015

Résumé Socle commun de connaissances, de compétences et de culture de 2016

Socle commun de connaissances et de compétences 2006 BO n°29 du 20 juillet 2006